Colère Jaune : la recherche d’un bien commun !

Quel est le lien entre la COP 24 (24ème édition de la Conférence des Parties) sur le climat qui s’est ouverte dimanche à Katowice en Pologne, les gilets animés par une colère jaune nourrie par un sentiment de décalage entre les gouvernants, le pouvoir économique et ceux qui se pensent comme le peuple ou les citoyens et le management des organisations ?
 
Le dénominateur commun entre ces 3 sujets est qu’ils sont d’une telle complexité que leur résolution ne pourra se faire qu’avec l’implication et la participation de tous.
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Une instance solitaire, fusse t-elle gouvernementale ne peut prétendre, à elle seule, résoudre le problème posé : c’est l’affaire de tous.
 
 Quels sont les leviers à disposition pour rendre cette complexité intelligible et cette entreprise humaine possible ?
 Y a-t-il des exemples de bonnes pratiques ?
La réponse est oui !
 
Lorsque Linus Torvalds, étudiant finlandais de 21 ans, se lance dans le projet fou de développer son propre système d’exploitation pour son micro-ordinateur 386, c’est par jeu et pour défier les systèmes propriétaires de Microsoft et d’Apple, coûteux et complexes.
En 1991, il poste un noyau de code et lance un appel à contribution. Linux devient en quelques années l’une des plus grandes réalisations communautaires du logiciel libre.
C’est le prototype de la production par les pairs, qui a donné naissance à un paradigme social ayant inspiré de nombreux projets collaboratifs, dont Wikipedia ou encore les revues scientifiques en libre accès telles que Economics ou Géocarrefour.
Le processus de construction collaborative s’étend bien au-delà du numérique : la démarche constitue un renouveau social que les anglophones désignent sous le terme de commoning (« faire commun »). Faire commun pour construire un bien commun !

La citoyenneté organisationnelle est en ligne de mire.
 
Qu’en est-il de la protection du climat ? Quelle communauté est à même de la décréter et de la pratiquer ?
Qu’en est-il de la paix sociale ? Quelle communauté est à même de la décréter et de la pratiquer ?
Qu’en est-il de la performance collective des organisations ? Quelle communauté est à même de la décréter et de la pratiquer ?
 
On ne s’improvise pas climatologue ou glaciologue.
On ne s’improvise pas gouvernant d’une nation ou d’une entreprise.
Et pourtant l’opinion publique se construit à partir des informations qui lui parviennent toutes issues de modèles scientifiques aussi complexes qu’obscurs.
Lancer une alerte ne suffit pas – s’assurer qu’elle soit comprise et entendue est au cœur de toute dynamique humaine.
 
Certes le dernier rapport du GIEC publié en Octobre 2018 nous rappelle l’urgence de changer rapidement.
Certes le monde est VUCA et les entreprises sont contraintes de s’y adapter.
Mais le fossé entre le savoir accumulé et la culture générale de tout un chacun ne cesse de s’agrandir.
La nécessité de vulgariser sans déformer devient de plus en plus critique parce que
« agir est vital ».

Et cette action ne peut être efficace que si elle est collective donc le fruit d’une coopération et non de dictats qui tombent du « ciel » !!!
 
L’invocation du « commun » traduit ici un besoin de dépassement des logiques individuelles au profit d’une cause supérieure.
La préservation du climat comme celle des organisations est en passe de devenir un bien commun qui ne peut plus supporter certains comportements qu’on peut aisément qualifier d’obscènes. Et il y a de l’obscénité à tous les étages.
La récolte de protestations est alors assurée.
 
La construction de nouvelles utopies collectives, locales, porteuses de modes de vie adaptés au monde d’aujourd’hui, est ainsi devenue aussi indispensable qu’urgente.
Ces réponses multiples et variées participent au processus apprenant du changement et permettent de faire émerger une cohérence globale de l’action.

Comment favoriser l’émergence de ces initiatives qui formeront le noyau d’une gouvernance acceptée par tous ?
Une tradition du Pacifique appelée Talanoa (adoptée à la COP 23), basée sur des dialogues participatifs et transparents impliquant toutes les parties prenantes est une aide précieuse à la prise de décisions acceptées par tous.

Succeed Together® s’est donné pour mission d’instrumenter et d’orchestrer cette qualité de dialogues !
Les connaissances ne prennent sens qu’en se partageant et en étant reprises et modifiées par leurs usagers. Le besoin d’horizontalité est criant.
L’expérience Linux est précieuse en proposant une piste qui consiste en la création et la production de connaissances en mode ouvert et intégrant.
 
Nous sommes tous concernés, nous sommes tous légitimes pour agir, nous sommes tous des artisans d’un savoir commun à mettre au profit du bien commun qu’il soit économique ou climatique – si d’ailleurs cette distinction a un sens !

Commencer à agir, c’est déjà définir une trajectoire…
 
PS : cette note est largement inspirée des travaux de Stéphanie Leyronas (AFD) et de Antoine Godin (AFD)

Dr. Philippe Van den Bulke

contact@succeed-together.eu